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Mendel et le concept de gène

L' « hérédité particulaire » est un modèle de l'hérédité qui mène au concept de gène. Selon ce modèle, les parents transmettent des unités héréditaires discontinues, les gènes, qui restent distincts chez leurs descendants. L'ensemble des gènes d'un organisme ressemble plus à un seau de billes qu'à un pot de peinture. Tout comme des billes, les gènes peuvent être triés et transmis d'une génération à une autre sans effet de dilution.

La génétique moderne est née dans le jardin d'une abbaye, lorsqu'un moine nommé Gregor Mendel a mis en évidence une forme d'hérédité particulaire. Dans le présent chapitre, vous allez voir comment Mendel a conçu sa théorie, et comment on peut appliquer son modèle aux variations chez les humains.

Le modèle mendélien: la démarche scientifique à l'oeuvre

Approche expérimentale de Mendel

Gregor Mendel découvrit les principaux mécanismes de l'hérédité en reproduisant des pois dans le cadre d'expériences soigneusement planifiées. Mendel a probablement choisi de travailler sur les pois parce qu'il en existe de nombreuses variétés. En travaillant sur les pois, Mendel était aussi en mesure de déterminer de façon absolue l'identité des plantes qu'il croisait.

Mendel prit soin de délimiter son étude à l'hérédité de variations discontinues, c'est-à-dire de caractères s'exprimant sous l'une de deux formes. Les généticiens appellent caractère une propriété héréditaire, telle que la couleur des fleurs, qui varie d'un individu à l'autre.

Mendel s'assura également que chacune des variétés choisies pour commencer ses expériences appartenait à une lignée pure; en d'autres termes, une plante qui n'engendre que des descendants de la même variété après une autofécondation.

D'ordinaire, dans une expérience de croisement, Mendel effectuait une pollinisation croisée entre deux variétés de pois de lignée pure ayant au moins un caractère qui se manifestait différemment; parexemple, en ce qui concerne le caractère couleur des fleurs. Ce croisement entre deux variétés est appelé hybridation. Plus précisément, il s'agit ici d'un croisement monohybride, qui permet de suivre l'hérédité d'un seul caractère, tel que la couleur des fleurs. On nomme génération P (parentale) les parents de lignée pure, et on appelle génération F1 (première génération filiale) les hybrides qui en sont issus. En permettant l'autofécondation des ces hybrides F1, on obtient une génération F2 (deuxième génération filiale). En règle générale, Mendel suivait les caractères pendant au moins ces trois générations.

C'est principalement l'analyse des plantes de la F2 qui lui permit de découvrir les deux principes fondamentaux de l'hérédité, aujourd'hui connus sous le nom de loi de ségrégation et loi d'assortiment indépendant des caractères.

Loi mendélienne de ségrégation

Après avoir fait un croisement entre des pois à fleurs violettes et des pois à fleurs blanches, les descendants de la F1 possèdent des fleurs de la même couleur que celles de leurs parents à fleurs violettes. Si le caractère fleur blanche avait disparu, les plantes de la F1 auraient produit uniquement des descendants à fleurs violettes à la génération F2. Or, lorsque Mendel a procédé à l'autofécondation des plantes de la F1, puis à semé leurs graines, le caractère des fleurs blanches est réapparu à la génération F2 dans une proportion de trois plantes à fleurs violettes pour une plante à fleurs blanches.

Les fleurs violettes constituent un caractère dominant et les fleurs blanches représentent un caractère récessif. L'apparition de plantes à fleurs blanches à la génération F2 prouvait que le facteur héréditaire causant ce caractère récessif n'avait aucunement été dilué du fait de sa coexistence avec le facteur des fleurs violettes chez les hybrides de la F1. Mendel observa le même schéma d'hérédité pour six autres caractères, chacun offrant deux variantes opposées.

1- Les variations des caractères héréditaires s'expliquent par les formes différentes que peuvent avoir les gènes. Les deux formes possibles d'un même gène sont appelées allèles. Les allèles des fleurs violettes et des fleurs blanches représentent deux variantes possibles de l'ADN situé sur le locus du gène de la couleur des fleurs, sur l'un des chromosomes d'un pois.

2- Pour chaque caractère, tout organisme hérite de deux gènes, un de chaque parent. Il faut se rappeler ici que tout organisme diploïde possède des paires de chromosomes homologues, et que chacun des deux chromosomes d'une paire provient de chacun des deux parents. Par conséquent, chaque locus se trouve en fait représenté deux fois dans une cellule diploïde. Les locus homologues peuvent porter le même allèle, comme dans le cas des plantes de lignée pure ou les deux allèles diffèrent, comme chez les hybrides de la génération F1.

3- Si les deux allèles diffèrent, l'un d'eux, l'allèle dominant, s'exprime pleinement dans l'apparence de l'organisme; l'autre, l'allèle récessif, n'a pas d'effet notable sur l'apparence de l'organisme.

4- Il y a ségrégation des deux gènes de chaque caractère au cours de la formation des gamètes. Par conséquent, les gamètes mâle et femelle reçoivent chacun, pour un gène, une seule des deux copies qui existaient dans les cellules somatiques de l'organisme. Remarquez que si un organisme possède deux fois le même allèle pour un caractère donné (il est de lignée pure pour ce caractère), il n'y aura alors qu'une seule copie de cette allèle dans tous les gamètes. Mais s'il possède deux allèles différents, comme dans le cas des hybrides de la F1, alors 50% des gamètes recevront l'allèle dominant et les autre recevront l'allèle récessif. C'est de cette dernière hypothèse, le partage des allèles entre des gamètes distincts, que vient le nom de la loi de ségrégation de Mendel.

Quelques terme de génétique utiles

Si un organisme possède une paire d'allèles identiques pour un caractère donné, on dit qu'il est homozygote pour ce caractère. Les organismes qui possèdent deux allèles différents pour un caractère donné sont appelés hétérozygotes pour ce caractère. Contrairement aux homozygotes, les hétérozygotes ne présentent pas une lignée pure, parce que leurs gamètes possèdent soit l'un , soit l'autre de ces deux allèles.

Les phénomènes de dominance et de récessivité font que l'apparence d'un organisme ne révèle pas toujours sa combinaison allélique. Il est donc nécessaire d'établir la distinction entre son apparence, que l'on nomme phénotype, et sa constitution génétique, appelée génotype.

Croisement de contrôle

Supposons que nous ayons un pois aux fleurs violettes. Comment pouvons-nous savoir s'il est homozygote ou hétérozygote, puisque les génotypes VV et Vv produisent le même phénotype ? Si nous croisons cette plante avec une autre aux fleurs blanches, l'apparence de leurs descendants nous permettra de connaître le génotype du parent à fleurs violettes. On appelle croisement de contrôle (testcross) ce croisement d'un homozygote récessif et d'un individu ayant un phénotype dominant, mais dont on ne connaît pas le génotype.

Loi mendélienne d'assortiment indépendant des caractères

Mendel a découvert la loi de ségrégation en effectuant des croisements monohybrides, c'est-à-dire à partir de variétés parentales qui différaient par un seul caractère, comme la couleur des fleurs. Que se passerait-il si l'on croisait des variétés parentales présentant deux caractères différents (croisement dihybride) ? Par exemple, la couleur et la forme des graines constituaient deux des sept caractères étudiés par Mendel. Les graines peuvent être soit jaunes, soit vertes. Elle peuvent aussi présenter une forme ronde ou ridée. Les croisements monohybrides avaient montré à Mendel que l'allèle des graines jaunes est dominant, et que celui des graines vertes est récessif. En ce qui concerne la forme des graines, l'allèle pour les graines rondes est dominant et l'allèle pour les graines ridées est récessif.

Mais que se passe-t-il si nous croisons deux variétés de pois qui diffèrent par ces deux caractères, soit un parent à graines jaunes-rondes (JJRR) et un parent à graines vertes-ridées (jjrr) ? Ces deux caractères (couleur et forme des graines) sont-ils transmis des parents aux descendants comme une unité ?

À la génération F1 de ce croisement dihybride, le génotype est JjRr, et la plante présente des deux phénotypes dominants, soit des graines jaunes et rondes. L'étape clé de cette expérience consiste à observer ce qui se passe lorsque les plantes de la F1 s'autofécondent et produisent la génération F2.

Les résultats expérimentaux confirmaient l'hypothèse selon laquelle chaque caractère est transmis de façon indépendante; en effet, chez les dihybrides (JjRr), la ségrégation des deux allèles de la couleur des graines ne dépendait pas de celle des allèles de la forme des graines. On appelle loi d'assortiment indépendant des caractères ce comportement des allèles pendant la formation des gamètes.

Généralisation des lois de la génétique mendélienne

Mendel a eu l'idée géniale (ou la chance) de choisir des caractères du pois dont les bases génétiques se révélèrent relativement simples: chaque caractère était déterminé par un gène, pour lequel il n'existait que deux allèles, l'un complètement dominant par rapport à l'autre. Mais tel n'est pas le cas de tous les caractères héréditaires, pas même chez le pois.

Dominance incomplète

En ce qui concerne certains caractères, il y a dominance incomplète , et les hybrides de la F1 ont un phénotype intermédiaire entre ceux des deux variétés parentales. Par exemple, si l'on croise des Gueules-de-loup rouges avec des Gueules-de-loup blanches, tous les hybrides de la F1 présentent des fleurs roses. Les fleurs hétérozygotes possèdent moins de pigment rouge que les homozygotes rouges, ce qui produit ce troisième phénotype. En fait, un croisement effectué entre les hybrides de la F1 donne des individus F2 avec une proportion phénotypique de 1 individu rouge pour 2 roses et 1 blanc.

La ségrégation des allèles rouges et blancs dans les gamètes issus des plantes à fleurs roses confirme le fait que les gènes pour la couleur des fleurs sont des facteurs héréditaires qui gardent leur identité chez les hybrides; en d'autre termes, l'hérédité est de nature particulaire.

Qu'est-ce qu'un allèle dominant ?

Dans le cas de la dominance complète, il est possible de distinguer le phénotype d'un hétérozygote de celui d'un homozygote dominant. La codominance, dans laquelle les deux allèles se manifestent entièrement et de manière indépendante dans le phénotype, représente l'autre extrême. Prenons l'exemple des trois groupes sanguins humains appelés M, N et MN.

Les individus du groupe M sont homozygotes pour un allèle (IMIM), ceux du groupe N sont homozygote pour l'autre allèle (ININ). Les hétérozygotes (IMIN) ont un groupe sanguin MN. Remarquez que le phénotype MN n'est pas intermédiaire entre les phénotypes M et N, mais que ces deux derniers s'expriment individuellement grâce à la présence des deux molécules sur les globules rouges. Par contre, la dominance incomplète se reconnaît à un phénotype intermédiaire, comme dans le cas des fleurs roses des Gueules-de-loup hybrides. La gamme des relations possibles entre les allèles compte par conséquent la dominance complète, la codominance et divers degrés de dominance incomplète. Ces variations se reflètent dans les phénotypes d'hétérozygotes.

Allèles multiples

La plupart des gènes présentent en fait plus de deux formes alléliques. Chez les humains, les groupes sanguins du système ABO constituent un exemple d'allèles multiples. Il existe quatre phénotypes pour le groupe sanguin: un individu peut être A, B, AB ou O.

Les quatre groupes sanguins représentent différentes combinaisons de trois allèles différents, représentés par IA (pour le glucide A), IB (pour B) et i (ne produisant ni A ni B). Six génotypes sont possibles. Les deux allèles IA et IB sont dominants par rapport à l'allèle i. Les individus de génotype IAIA ou IAi ont le groupe sanguin A et les individus de génotype IBIB et IBi sont du groupe B. Le sang des homozygotes récessifs ii appartient au groupe O parce que ni la substance A ni la substance B ne sont produites. Les allèle IA et IB sont codominants, chacun s'exprimant dans le phénotype de l'hétérozygote IAIB, dont le sang appartient au groupe AB.

Pléiotropie

La plupart des gènes produisent des effets phénotypiques multiples. Cette faculté est nommée pléiotropie. Compte tenu de la complexité des interactions moléculaires et cellulaires nécessaires au développement d'un organisme, il n'est pas surprenant qu'un seul gène puisse influer sur un grand nombre de caractéristiques de cet organisme.

Épistasie

Dans certains cas, un gène situé sur un locus donné agit sur l'expression phénotypique d'un autre gène; cette interaction se nomme épistasie. Un exemple permettra de mieux expliquer ce concept. Chez les souris, comme chez de nombreux autre mammifères, le pelage noir est dominant par rapport au pelage brun. On désigne les deux allèles pour ce caractère par B et b. Pour qu'une souris ait un pelage brun, il faut que son génotype soit bb. En outre, un second gène situé sur un autre locus détermine si le pigment se déposera dans le poil ou non. L'allèle dominant de ce second gène, C, permet au pigment de se déposer. C'est ainsi que la couleur du pelage est soit noire, soit brune, suivant le génotype de premier locus. Mais si la souris est homozygote récessive pour le second locus (cc), alors le pelage est blanc (albinos), quel que soit le génotype du locus brun-noir.

Hérédité polygénique

Mendel a étudié des caractères que l'on pourrait qualifier de dichromatiques, parce qu'ils revêtent des formes distinctes, telles des fleurs violettes ou blanches, Cependant, il existe de nombreux caractères, comme la couleur de la peau ou la taille chez l'humain, qui ne répondent pas à cette définition parce que la population présente une variation continue. Ce sont des caractéristiques quantitatives. Habituellement, les variations quantitatives suggèrent une hérédité polygénique, soit l'effet cumulatif de deux gènes ou plus sur un même caractère phénotypique.

Les facteurs environnementaux tels que l'exposition au soleil influent sur le phénotype de la couleur de la peau.

Hérédité et environnement: l'influence du milieu sur le phénotype

Le phénotype dépend du milieu et des gènes. Cependant, nous sommes en mesure d'affirmer que le résultat d'un génotype n'est généralement pas un phénotype absolument fixe, mais plutôt une gamme de phénotypes possibles sur laquelle le milieu peut exercer des variations. On appelle cette gamme de phénotypes norme de réaction du génotype. Il existe des cas où la norme de réaction n'a aucune étendue, c'est-à-dire qu'un certain génotype commande un phénotype précis. Le locus du gène qui détermine le groupe sanguin ABO chez les humains en constitue un exemple. Par contre, le nombre de globules blancs et rouges varie en fonction de facteurs tels que l'altitude où l'on vit, l'activité physique habituelle et la présence d'agents infectieux dans l'organisme.

Maladies héréditaires récessives

On connaît plusieurs centaines de troubles génétiques transmis sous forme de caractères récessifs. La gravité de ces affections va de caractères habituellement non létaux comme l'albinisme aux maladies mortelles telles que la fibrose kystique. Une maladie héréditaire récessive ne se manifeste que chez les individus homozygotes qui ont reçu un allèle récessif de chacun de leurs parents. L'immense majorité des gens atteints d'une maladie récessive sont nés de parents normaux qui sont tous deux des transmetteurs. Un enfant normal issu d'un tel croisement a deux chances sur trois d'être un transmetteur.

Consanguinité

Bien qu'il soit assez peu vraisemblable que deux transmetteurs sains du même allèle rare et nocif se rencontrent et s'unissent, cette probabilité augmente fortement si le couple est formé de deux parents proches. On qualifie ces unions de consanguines. Étant donné qu'il est plus probable de retrouver les même allèles récessifs chez des individus qui partagent des ancêtres récents que chez ceux qui n'ont aucun lien de parenté, les enfants issus d'une union entre proches parents ont plus de chance d'être homozygotes pour un caractère récessif nocif. Certains généticiens prétendent que la consanguinité a autant de chances de concentrer des allèles favorables que des allèles nocifs.

Maladies héréditaires dominantes

De nombreuses maladies humaines sont dues à des allèles dominants. L'achondroplasie, une forme de nanisme ayant une incidence d'un cas sur 10 000 naissances, en constitue un exemple. Les individus hétérozygotes présentent un phénotype de nain. Toutes les personnes qui ne sont pas des nains achondroplasiques sont donc homozygotes pour l'allèle récessif. Les allèle dominants létaux sont beaucoup moins répandus que les allèles récessifs létaux.

Chromosomes sexuels et hérédité liée au sexe

Gènes liés

Le nombre de gènes présents dans une cellule est bien plus élevé que celui des chromosomes; en fait, chaque chromosome porte des centaines ou des milliers de gènes. Au cours des croisements génétiques, les gènes sont le plus souvent transmis ensemble lorsqu'ils sont localisés sur le même chromosome, parce que ce dernier se comporte comme une seul unité. De tels gènes sont appelés gènes liés.

Les gènes situés sur un chromosome sexuel sont appelés gènes liés au sexe; nous connaissons davantage de gènes liés au chromosome X que de gènes liés au chromosome Y.

Bases chromosomiques du sexe chez l'humain

Notre sexe constitue l'un de nos caractères phénotypiques les plus évidents. Bien qu'il existe de nombreuses différences anatomiques et physiologiques entre la femme et l'homme, les bases chromosomiques de notre identité sexuelle sont relativement simples. L'humain et les autres mammifères présentent deux types de chromosomes sexuels, appelés X et Y (voir chapitre 12). Lorsque le spermatozoïde et l'ovule fusionnent pour former un zygote, chaque individu hérite de l'une des deux combinaisons possibles des chromosomes sexuels. Si l'enfant à naître reçoit un chromosome X de chacun de ses parents, il sera généralement du sexe féminin. Les individus de sexe masculin sont habituellement issus d'un zygote possédant un chromosome X et un chromosome Y.

Chaque ovule contient un chromosome X. Par contre, les hommes produisent des spermatozoïdes ayant deux types de chromosomes sexuels: la moitié des spermatozoïdes renferment un chromosome X, et les autres un chromosome Y. Le sexe de chaque individu est donc déterminé au moment de sa conception: si le spermatozoïde qui fusionne avec l'ovule est pourvu d'un chromosome X, le zygote sera XX; si le spermatozoïde possède un chromosome Y, le zygote sera XY. Notre identité sexuelle relève donc du hasard.

Maladies liées au sexe chez l'humain

Outre le rôle qu'ils jouent dans la détermination du sexe, les chromosomes sexuels, et en particulier les chromosomes X, portent les gènes de nombreux caractères totalement indépendants du sexe. Chez l'humain, le terme lié au sexe désigne habituellement des caractères portés par le chromosome X. Les pères transmettent les allèles liés au chromosome X à toutes leurs filles, mais à aucun de leurs fils. Par contre, les mères peuvent transmettre les allèles liés au sexe aussi bien à leurs fils qu'à leurs filles.

Dans le cas d'un caractère lié au sexe et dû à un allèle récessif, une femme ne manifestera le phénotype que si elle est homozygote. Tout homme qui reçoit de sa mère l'allèle récessif exprimera le caractère correspondant. C'est la raison pour laquelle un nombre bien plus élevé d'hommes que de femmes présentent des maladies transmises selon des caractères récessifs liés au sexe. Il arrive pourtant que des femmes soient touchées par des maladies liées au sexe, bien que la probabilité qu'une femme hérite d'un gène mutant en double exemplaire soit beaucoup plus faible que la probabilité qu'un homme hérite d'un seul exemplaire. Par exemple le daltonisme (cécité au rouge et au vert) est une affection bénigne à transmission liée au sexe. Un père daltonien et une mère saine transmettrice du caractère peuvent donner naissance à une fille daltonienne. L'hémophilie est aussi causée par un caractère récessif lié au sexe.

Inactivation d'un chromosome X chez les femelles

Bien que les mammifères femelles, y compris chez les humains, reçoivent deux chromosomes X, un chromosome X de chaque cellule devient presque complètement inactivé au cours du développement embryonnaire. Le chromosome X inactif se condense alors et se transforme en une masse compacte appeléecorpuscule de Barr, qui se place contre la face interne de la membrane nucléaire. La plupart des gènes du chromosome X qui forme le corpuscule de Barr ne s'expriment pas, même si de petites régions du chromosome restent actives. Les corpuscules de Barr sont « réactivés » dans les cellules des gonades qui subissent la méiose pour former les gamètes.

La généticienne britannique Mary Lyon a démontré que le choix du chromosome X à inactiver se produit au hasard et de façon indépendante dans chacune des cellules embryonnaires. Par conséquent, les femelles représentent une mosaïque de deux types de cellules: celles dont le chromosome X actif provient du père, et celles dont le chromosome X provient de la mère.

Aberrations chromosomiques

Des perturbations physiques et chimiques ainsi que des erreurs pendant la méiose peuvent endommager les chromosomes ou modifier leur nombre dans une cellule.

Modifications du nombre de chromosomes

Idéalement, au cours de la méiose, le fuseau de division distribue les chromosomes aux cellules filles sans commettre d'erreur. Mais il se produit de temps à autre un accident appelé non-disjonction: les membres d'une paire de chromosomes homologues ne s'éloignent pas l'un de l'autre comme ils le devraient pendant la méiose I, ou bien les chromatides soeurs ne se séparent pas durant la méiose II. Dans ces cas-là, un gamète reçoit deux exemplaires du même chromosome, et un autre gamète n'en reçoit aucun. Habituellement, les autres chromosomes sont distribués de façon normale. Si l'un de ces gamètes anormaux s'unit à un gamète normal, l'individu qui en sera issu portera un nombre anormal de chromosomes; cet état est appelé aneuploïde. S'il existe trois copies du même chromosome dans le zygote (soit 2n + 1 chromosomes au total), on dit que la cellule aneuploïde est trisomiquepour ce chromosome. S'il manque un chromosome (la cellule a 2n - 1 chromosome), l'aneuploïde est dite monosomique pour ce chromosome. L'anomalie sera ensuite transmise à toutes les cellules de l'embryon par l'intermédiaire de la mitose. Si l'organisme survit, il manifeste le plus souvent un ensemble de symptômes, parce que les gènes se trouvent en nombre anormal. La non-disjonction peut aussi survenir pendant la mitose. Si l'accident a lieu au début du développement embryonnaire, l'état aneuploïde est alors transmis par mitose à un grand nombre de cellules, ce qui provoquera probablement des effets importants sur l'organisme.

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Remerciements à Cyberbio :source : http://site.ifrance.com/cyberbio/entree.htm