Source : http://www.uvp5.univ-paris5.fr/MICROBES/Diagnostic/Bacillus/Bacillus.asp

Diagnostic sur ... Bacillus anthracis

Introduction:
Au sein des Bacillus (bacilles sporogènes à Gram positif aérobies strictes ou facultatifs) se distingue B. anthracis par son pouvoir pathogène élevé (toxinogène) vis-à-vis de diverses espèces animales, de préférence herbivores, plus rarement de l'homme comme agent du charbon ou de la fièvre charbonneuse. L'anthrax chez l'homme est exceptionnel en France mais l'OMS relève de 100 000 à 200 000 cas par an. Est dans la liste des maladies animales réputées contagieuses et celle des maladies professionnelles à déclaration obligatoire.

Epidémiologie
La spore confère une grande résistance, d'où sa longue persistance dans le sol (germe tellurique mais avec multiplication possible et la notion de champs ou d'étables maudites, mais aussi dans les produits d'origine animale tels les peaux ou objets dérivés (tapis de laine, articles en cuir, babouches....) expliquant la survenue de quelques cas humains en France.
Il est difficile d'établir l'origine de la contamination, tel charbon non cutané, catalogué souvent intestinal. Un autre aspect épidémiologique concerne la préparation de poudres d'os contaminés pour aliments, de colle, ou encore de gélatine... (cas chez des dockers par exemple).

Pouvoir pathogène:
L'origine et le nombre de foyers de charbon animal répertoriés en France est, d'au moins une centaine, avec diverses formes cliniques: suraiguës (mouton), aiguës (cheval et bœuf), et subaiguës (porc).

Chez l'homme, la forme classique du charbon est représentée par la pustule maligne siègant au point de pénétration du bacille se traduisant par une papule érythémateuse donnant finalement l'escarre noirâtre. Le charbon interne de pronostic sombre est aussi observé: forme pulmonaire suite à l'inhalation de poussière charbonneuse, forme gastro-intestinale suite à l'ingestion de viande charbonneuse.

Bras
Face


Diagnostic bactériologique:

- par isolement de la bactérie, en particulier d'hémoculture, après 24 h d'incubation à 37°C d'un gros bacille à Gram positif, immobile et filamenté (tiges de bambou). Une coloration au bleu de méthylène est suffisante. La présence d'une spore ovoïde non déformante est inconstante. Il se développe bien sur les milieux usuels (gélose nutritive) donnant des colonies caractéristiques (aspect en tête de méduse).


Gros bacille à Gram positif


Immobile et filamenté (tiges de bambou)


Une coloration au bleu de méthylène est suffisante

Ce germe, identifié par divers automates, est peu hémolytique, protéolytique et glucidolytique. Le diagnostic différentiel se pose essentiellement avec B. cereus, germe de toxi-infections alimentaires, de suppurations postopératoires, ou encore de pseudo-gangrène gazeuse.

- La diagnostic est accessoirement affiné par PCR ou encore électrophorèse en gel d'agarose permettant de plus une approche épidémiologique dont l'intérêt est surtout vétérinaire.
L'antibiogramme est caractéristique: B. anthracis est très sensible aux ß-lactamines dont la pénicilline G (base du traitement), contrairement à B. cereus produisant naturellement une pénicillinase et une carbapénémase.

Une coloration au bleu de méthylène est suffisante

Le diagnostic a posteriori, donc sérologique, peut être réalisé à titre exceptionnel, par la recherche d'anticorps anti-EF (facteur oedématrogène).

Le traitement antibiotique est à base de pénicillines.
Le contrôle complet de la maladie animale reste aléatoire, d'autant que les mesures sanitaires de destruction des cadavres (enfouissement en présence de chaux vive ou enlèvement par l'équarisseur) n'est plus systématique à cause du coût.

Quelques références
- Desmoulins C, Lionsquy G., Constans P, Caby I, Faucher JN - Le bacille du charbon: une histoire noire. Méd. Mal. Infect.1996; 26: 1-3.
- Drobniewski FA - Bacillus cereus and related species. Clin Microbiol Rev 1993; 6: 324-338.
- La Force FM - Anthrax - Clin Infect Dis 1994 ; 19 :1009-1013.