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Et si Montignac avait raison?
L'obésité,
le mal des temps modernes. Un facteur de risque majeur pour le diabète et
les maladies cardiaques. L'Organisation mondiale de la Santé parle même
d'épidémie mondiale. Chez nous, au Canada, 8 millions d'individus, près de
25% de la population affichent un excès de poids. Michel Montignac n'est
donc pas le seul à s'inquiéter :
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« On a augmenté le taux
d'obésité de 766 % depuis le début du siècle, aux États-Unis. Il n'y a
pas un seul pays au monde où on n'a pas appliqué avec autant de rigueur
les principes diététiques recommandés. C'est un échec total. »
- Michel Montignac
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En 1998,
l'équipe de Découverte avait présenté un reportage sur la
méthode Montignac : une recherche faite par un groupe de Québec. Les
chercheurs viennent de publier la deuxième tranche de leurs travaux.
Découverte les a de nouveau rencontrés. Des résultats surprenants...
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Je
mange donc je maigris...
1986. Première implication de Michel Montignac dans le domaine de
l'alimentation : un livre au titre provocateur : «Je mange donc je
maigris». Un livre qui suscite beaucoup de controverse dans le milieu.
L'auteur y apporte un regard neuf sur le problème de l'obésité galopante.
Pour lui, l'ennemi, ce ne sont pas les gras, mais les sucres, les glucides.
Ce qui englobe tous les aliments contenant des glucides, même insoupçonnés :
pommes de terre, farine blanche, sucres raffinés. Tous ne semblent pas
sucrés! Pour le mesurer, une échelle : l'index glycémique. Un concept déjà
connu depuis 1981.
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Plus
un sucre a un index glycémique élevé, plus la quantité de glucose, libérée
dans le sang après le repas, sera élevée.
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«Je crois que la clé, ça été de remettre en cause ce qui nous avait été
appris. Et je crois que c'est la difficulté aujourd'hui que certains professionnels
ont. Le concept des index glycémiques, c'est un concept révolutionnaire.»,
«Et ce que je propose, c'est simplement la synthèse de choses qui existent.
Je n'ai jamais inventé rien de particulier.»
- Michel
Montignac
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Donc, manger Montignac
c'est... Éviter les sucres, les glucides à index glycémique élevé; choisir
les bons gras; favoriser les aliments contenant des fibres.
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Le Dr Jean
Dumesnil, cardiologue, est fidèle à la méthode Montignac depuis plus de cinq
ans. Les premiers six mois, il a perdu 21 kg. Depuis, il se maintient. Pour
cela, il ne doit jamais perdre de vue les index glycémiques :
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«Salade de patates? J'évite ça
... À proscrire! De la dinde? C'est une viande qui est très maigre,
beaucoup de protéines, pas de glucides», affirme-t-il.
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Pour le Dr Dumesnil, un des atouts de la méthode Montignac : on mange à sa
faim. Pas de restriction dans les quantités, fini le creux d'estomac qui mine
la volonté!
Suivre la méthode
Montignac, c'est bien. Mais Jean Dumesnil a voulu aller plus loin, a voulu
comprendre pourquoi cette méthode fonctionne. Il y a quelques années, il
s'est associé à deux chercheurs de l'Université Laval : Angelo Tremblay et
son équipe, pour établir le protocole alimentaire, et le Dr Jean-Pierre
Desprès pour bien évaluer les effets métaboliques de la méthode Montignac.
Ils ont comparé la méthode Montignac à la diète de l'American Heart
Association. Une expérience de trois semaines avec douze volontaires, tous
avec un important surplus de poids. Or, les premiers résultats sont
surprenants...
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1999 : Des
résultats surprenants
* Avec Montignac, même quand on mange à sa faim, on maigrit et on consomme
moins de calories. 700 de moins par jour.
* Première conclusion des chercheurs rendue public il y a quatre ans : le «Je
mange donc je maigris» de Montignac serait fondé.
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Mais les chercheurs ont
voulu aussi connaître les effets de ces deux régimes sur la santé. Pour ce
faire, ils ont prélevé du sang à différents moments de la journée. Trois
éléments sont testés : le glucose, l'insuline, les lipides. Un trio
impliqué à la fois dans les maladies cardiaques et dans le diabète de type-2.
(* Dans le diabète de type-2, il y a trop d'insuline. Dans le type-1, au
contraire, l'insuline fait totalement défaut).
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La dernière
étape de leur recherche vient d'être publiée...
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1-
LE GLUCOSE ET L'INSULINE:
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* La courbe rouge représente le régime Montignac, l'autre celui de
l'American Heart Association.
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Le glucose: Au petit déjeuner,
les deux régimes libèrent beaucoup de glucose, de sucre dans le sang. Les
pics se comparent. Mais pour les deux autres repas, la méthode Montignac en
libère beaucoup moins.
L'insuline: elle a pour rôle de maintenir
constant le taux de glucose dans le sang. Même pour le petit déjeuner, les
repas Montignac stimulent moins la production d'insuline. Pour les deux
autres repas, la différence est encore plus accentuée.
Moins de glucose et moins d'insuline dans le sang. Est-ce si important?
«Le rôle de l'insuline est de faire entrer l'énergie dans les tissus. Suite
à un repas, votre pancréas libère l'insuline dans le sang avec les sucres
et les gras. Normalement, cette insuline-là interagira avec votre muscle,
en frappant à sa porte pour dire "il y a de l'énergie". Il faut
donc que le sucre et le gras que vous avez consommés soient captés ou utilisés
par les muscles», explique le Dr Jean-Pierre Després.
Mais quand les
muscles sont gavés de sucre, ils refusent d'obéir à l'insuline. Aucun sucre
ne peut y entrer. Les tissus deviennent insulino-résistants : le pancréas
s'énerve, produit plus d'insuline, puis l'organisme se dérègle, devient
hyperinsulinimique.
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« Chez les gens qui sont
hyperinsulinimiques et dont les tissus ne répondent plus, l'insuline agit
mal. Le pancréas doit travailler plus fort et secréter des quantités
encore plus abondantes d'insuline pour normaliser les taux de sucres
(...) pour que l'énergie entre dans le muscle»,
- explique le Dr Jean-Pierre Després.
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Quand le taux de sucre dans
le sang augmente pour cause d'inefficacité de l'insuline, on souffre du diabète
de type-2.
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2-
LES TRIGLYCÉRIDES :
Un dernier joueur moins connu
est testé : les triglycérides, qui sont en fait tous les gras que
l'on mange, animal ou végétal. Or, on comprend mal encore leur rôle exact.
Chose certaine, trop de triglycérides dans le sang ce n'est pas de bon
augure : «J'explique souvent aux médecins de famille que c'est un voyant
rouge que vous avez sur votre tableau de bord qui dit que votre métabolisme
ne fonctionne pas bien (...) il y a toutes sortes d'anomalies qu'on va
rencontrer qui vont accélérer l'athérosclérose et aussi augmenter le risque
d'infarctus du myocarde», explique le Dr Després.
Or, comme l'indique
le Dr Dumesnil, la
méthode Montignac montre aussi des résultats positifs pour les
triglycérides: «Pour le bilan lipidique, après six jours, il n'y a que
la méthode Montignac qui baisse de façon significative les triglycérides».
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Des
résultats excellents, mais à court terme...
Un doute subsiste... Trois semaines pour une recherche, c'est court!
Actuellement, pour le long terme, une seule donnée existe, soit celle du
bilan lipidique personnel du Dr Dumesnil, réalisée sur cinq ans
d'observation:
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« Quand je montre mon bilan à des collègues ou à d'autres personnes, ils
sont tous renversés parce qu'eux non plus n'ont jamais vu un tel effet d'un
régime»,
- le Dr Jean Dumesnil.
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«J'étais hypercholestérolémique et je prenais des
médicaments comme traitement avant de suivre la méthode Montignac. J'avais eu
une certaine amélioration de mon bilan mais après avoir suivi la méthode j'ai
eu une amélioration encore beaucoup plus considérable et sur des paramètres
que les médicaments n'avaient pas modifiés», affirme-t-il.
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*L'utilisation de la méthode Montignac pendant cinq ans démontre que le
taux de triglycérides a diminué de 35 %.
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Voyons ce bilan (tableau à droite) : les triglycérides ont passé de
1,83 à 1,16, tandis que le cholestérol, de 4,38 à 2,50. Après cinq ans,
la diminution des triglycérides se compare donc à celle de la recherche
étalée sur trois semaines : 35%. Une donnée supplémentaire : le ratio
cholestérol, dont la baisse atteint 55%.
Ces résultats viendraient donc conforter le credo de Michel Montignac :
l'index glycémique est un passeport pour la santé. À son sommet : «le
top-10», ceux qui libèrent le plus de sucre. «Moi je mets la barre à 50.
Je ne mange pas de glucides qui ont un index glycémique au-dessus de 50 (...)
Ce que je sais c'est qu'à 50 ça fonctionne», indique le Dr Dumesnil.
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L'index glycémique de
Montignac:
le Top 10 des aliments les plus sucrés...
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110 Bière
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100 Glucose
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95 Pomme de terre au four
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95 Pomme de terre frite
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95 Farine de riz
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95 Amidons modifiés
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90 Purée de pommes de terre
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90 Chips
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85 Miel
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85 Pain blanc (hamburger)
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Mais cette méfiance face aux
sucres est nouvelle, peu répandue. Car depuis 30 ans, le mot d'ordre de L'American
Heart Association et de Santé Canada, est très clair : il faut réduire
notre consommation de gras. Résultat : On a réduit les lipides mais on
consomme de plus en plus de sucre.
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« L'exemple le plus éloquent, c'est le yaourt qui contient 25 gr de sucre.
Alors vous consommez ça en pensant : il est à teneur réduite en gras, donc
ça va être bon pour ma santé. Or, vous avez là un arrivage de sucre
important. Et si vous êtes quelqu'un qui a cette obésité abdominale et que
vous êtes hypertriglycéridique, le foie transformera tout ce sucre-là en
triglycéride»,
- le Dr Jean-Pierre Després.
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« Vous pouvez avoir des sacs de chips marqués sans gras, sans cholestérol.
Or, des chips ce sont des pommes de terre avec un pouvoir sucrant énorme,
un index glycémique élevé. Ce qui fait que l'on a peut-être réglé le
problème des graisses, mais on a amplifié le problème des sucres»,
- le Dr Jean Dumesnil.
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Changer l'ordre des choses…. Oui mais comment?
«Le jour où tous les consommateurs réclameront des produits fait d'une
certaine manière, je pense que l'industrie agro-alimentaire suivra»,
affirme Michel Montignac.
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