3- Le cancer…suite

 

Table des matières

3- Le cancer... 1

Table des matières 1

Sommaire. 3

1 La Problématique du cancer 3

2- Nature et terminologie du cancer 5

3 Les mécanismes cellulaires du cancer 8

3.1 Une multiplication incontrôlée  première caractéristique de la cellule cancéreuse. 9

a). Le cycle cellulaire normal 9

b)  les gènes de la signalisation cellulaire en cause: 10

c) L'apoptose: mécanisme de surveillance en cause. 15

d) La mort programmée en cause: les télomères chromosomiques. 16

3.2 La formation de métastases: Une deuxième caractéristique de la cellule cancéreuse: 17

4           Un modèle de cancérogenèse chimique. 19

4.1      Les trois étapes de la cancérogenèse. 19

4.2 Un modèle expérimental de cancérogenèse chimique. 22

4.3 Aspect héréditaire des cancers: 24

5  La cancérogenèse d'origine physique. 24

5.1 Altérations moléculaires de l'ADN par les radiations. 24

5.2  Altérations des chromosomes. 25

6 Cancérogenèse d'origine microbienne: des virus oncogènes: 26

7 Diagnostics et traitements. 28

8 Médiagraphie. 29


 Les mécanismes cellulaires du cancer

Comment une cellule devient-elle cancéreuse? Les réponses actuelles, même fragmentaires, reposent sur la compréhension des mécanismes normaux de la division cellulaire.

3.1 Une multiplication incontrôlée  première caractéristique de la cellule cancéreuse

a). Le cycle cellulaire normal

 Chez la cellule normale. Chaque division cellulaire implique une séquence d'événements, de sa formation jusqu'à la fin de sa division, rappelés dans le schéma ci-dessous comme étant le cycle cellulaire

 

Que se passe-t-il aux stades:

G1: en interphase, métabolisme actif, croissance par synthèse des protéines

S:  phase de synthèse, l'ADN, qui se réplique.

G2:  synthèse des matériaux pour la division cellulaire

M : déroulement de la mitose et cytocynèse.

G0 signifie: celllules qui ont définitivement cessé de se diviser.

Fig 4  Campbell, N.A, (1993), Biologie,  p. 224.

 

Les cellules nerveuses et musculaires sont typiquement des cellules au stade G0. de leur division, une voie de garage, pour le reste de leur vie sauf exception.

Pour les cellules du foie et du rein, certains événements peuvent relancer la division cellulaire. Par exemple, la perte d'un rein peut entraîner une excroissance de l'autre rein pouvant atteindre 30% de son volume initial. Il semble que le rein résiduel ne reçoive plus certains signaux de l'autre rein, désormais absent.

Enfin certaines cellules (épithélium, glandes ) accomplissent ce cycle incessamment, la vie durant.

 

La fin de la phase G1 est un moment décisif où la cellule entre ou n'entre pas dans le processus de synthèse d'ADN, la phase S. La fin de la phase G2 est un autre moment critique où la cellule amorce la division cellulaire en fonction de la quantité d'un complexe protéique (MPF) activé par deux groupes de protéines en interaction: les cyclines et une Kinase-cycline-dépendante (Cdk)"

 

La régulation de cette division cellulaire est amorcée lorsque la cellule a doublé son volume initial, mais le moment de la division cellulaire dépend de d'autres facteurs comme des signaux chimiques extracellulaires provenant des cellules voisines. Elles cessent de proliférer lorsqu'elles commencent à se toucher phénomène appelé commencent à se toucher inhibition de contact.

Chez la cellule cancéreuse. Les cellules cancéreuses se multiplient de façon incontrôlée en ignorant les signaux qui règlent normalement leur cycle cellulaire. Les trente milliards de cellules d'un organisme sain forment une communauté complexe où chaque groupe de cellules règle la prolifération des autres. Chaque cellule reçoit  en provenance des cellules voisines, des signaux qui limitent normalement la prolifération.

 

 

 L'inhibition de contact

 alors que les cellules normales après s'être divisées jusqu'à former une couche simple, cessent leur division en réponse au contact des cellules voisines (inhibition de contact) elles continuent de se multiplier même quand elles se touchent déjà et elles s'empilent jusqu'à ce qu'elles aient épuisé les nutriments du milieu de culture ou que in vivo l'angiogenèse ( synthèse des vaisseaux sanguins)soit bloquée.

 

Fig. 5  Campbell, N.A, (1993) Biologie, p. 233.

En milieu de culture, elles deviennent "immortelles" si elles reçoivent indéfiniment des nutriments. Les cellules cancéreuses sont insensibles à L'inhibition de contact

b)  les gènes de la signalisation cellulaire en cause: [1]

( voir  la figure :«voies de la croissance cellulaire normale»[2]).

            Une tumeur est le résultat d'accumulation de mutations dans certains gènes, Ces gènes sont la clef des mécanismes responsables du cancer chez l'humain. Deux classes de gènes ont un rôle fondamental dans le développement d'un cancer: les proto-oncogènes[3] et les anti-oncogènes[4]. Ces deux groupes de gènes concernent les 2 grandes voies cellulaires réglant la croissance cellulaire: les voies de la stimulation et les voies de l'inhibition. Ces deux voies représentent le réseau de communication cellulaire qui repose sur le bon fonctionnement de toutes les protéines relais, partant des signaux externes qui parviennent de la surface de la cellule, jusqu'au noyau. Ultimement, au noyau, un mécanisme moléculaire comparable à une horloge du cycle cellulaire, intègre tous les signaux de stimulation et d'inhibition, décidant alors si la cellule entre en division ou non.

 

- les proto-oncogènes et les voies de la stimulation: ce sont des gènes normaux qui stimulent la croissance cellulaire. Ils codent des protéines qui régissent la croissance, la division et l'adhérence cellulaire par les voies de la stimulation, c'est-à-dire la gauche du schéma. La signalisation cellulaire commence souvent par des signaux que sont les facteurs de croissance libérés par les cellules voisines. Ils diffusent dans le milieu intercellulaire, et se lient à des récepteurs membranaires spécifiques, des molécules servant d'antennes, ancrées dans la membrane cellulaire. Suite à la liaison d'un facteur stimulateur à un récepteur, ce dernier active des protéines relais, dans le cytoplasme, lesquelles transmettent les signaux jusqu'au coeur de la cellule, dans le noyau. Là, d'autres protéines, des facteurs de transcription, activent divers gènes qui concourent à déclencher le cycle de croissance cellulaire (division).

Certain cancers résultent de l'activation de proto-oncogènes

Certains oncogènes, formes mutées de proto-oncogènes normaux, déclenchent une surproduction des facteurs de croissance qui agissent sur d'autres cellules (ex: sarcomes, gliomes), ou sur la cellule qui les a produits (ex.: TGF-a) .

           

Certains oncogènes codent les protéines des récepteurs membranaires de facteurs de croissance. Ces récepteurs anormaux émettent alors des signaux de prolifération cellulaire.(Exemple: Erb-2, en lien au cancer du sein)

 

D'autres encore perturbent des protéines, servant de relais entre les récepteurs des facteurs de croissance et d'autres protéines plus loin. Les protéines mutées sont hyperactives, entraînant la prolifération, même en l'absence des signaux émis par les récepteurs des facteurs de croissance. Comme exemple, les oncogènes ras , dans un cancer sur quatre, particulièrement les cancers (carcinomes) du côlon, du pancréas et du poumon .

 

Enfin d'autres oncogènes (ex.: myc) perturbent l'activité des facteurs de transcription. À l'état normal, les protéines codées par Myc activent les gènes de la croissance cellulaire seulement lorsque stimulées par les facteurs de croissance qui arrivent à la surface de la cellule. Mutées, les protéines myc entrent en action, même en l'absence des facteurs de croissance. (par exemple, dans les cancers des cellules hématopoïétiques, ( qui fabriquent des cellules sanguines), comme les leucémies.

 

La recherche. C'est à tous ces niveaux que la recherche d'inhibiteurs de croissance s'effectue. Malgré certains succès obtenus in vitro, ces molécules sont à confirmer et sélectionner en recherche clinique.

 

- les suppresseurs de tumeurs (ou anti-oncogènes) sont des gènes normaux qui inhibent la croissance cellulaire. Ils codent des protéines qui inhibent la division cellulaire, dans les processus illustrés à la droite du schéma (voies de la croissance cellulaire normale) Dans certains cancers, les mutations en cause peuvent inactiver des protéines dont la fonction est de freiner la prolifération. Empêcher le frein cellulaire, c'est donc laisser place à l'accélération.

 

 

Pour qu'une cellule devienne maligne, elle ne suffit pas qu'elle devienne hyperactive au niveau des voies de la stimulation. Elle doit de plus échapper aux signaux des cellules voisines qui freinent sa croissance. Comme pour les voies de la stimulation, les voies de l'inhibition présentent une cascade de réactions impliquant diverses protéines, de la surface membranaire jusqu'aux mécanismes de transcription du noyau. De plus, certaines protéines agissent en inhibant certaines étapes de la voie de stimulation. . Dans tous les cas, les réactions normales ont des effets qui concourent à l'inhibition de la division cellulaire, et non pas à la stimulation.

 

Certains cancers résultent de l'inactivation des gènes suppresseurs de tumeurs ou anti-oncogènes.

 

Certains cancers sont liés à l'inactivation de récepteurs de facteurs inhibiteurs de croissance. Dans certains cas alors, le facteur inhibiteur de croissance associé à ce récepteur n'est plus reconnu.(ex.: certains cancers du côlon présentent des récepteurs membranaires insensibles au facteur TGF-ß, lequel inhibe normalement la croissance cellulaire.) Dans d'autres cas, les protéines de relais normalement activées par le récepteur membranaire sont inactives ou absentes. (ex. absence de protéine P15, liée au gène DPC4 dans certains cancers du pancréas.)

 

Certains cancers sont liés à des gènes mutés qui codaient normalement une protéine inhibitrice de la voie de stimulation. (ex: NF-1 ne peut plus inhiber Ras un stimulateur de croissance.)  Les tumeurs apparaissent lorsqu'il y a eu plusieurs mutations de ces gènes, plusieurs théories sont émises à ce sujet. (Voir le tableau de ces principaux gènes en annexe et leur localisation sur les chromosomes).

 

      La recherche. La recherche a montré que l'introduction de gènes suppresseurs de tumeurs normaux dans une cellule cancéreuse rétablit partiellement le comportement cellulaire normal, et ce, in vitro. La thérapie génique comme solution alors, se heurte encore au fait qu'on ne peut introduire de gènes dans une proportion suffisante de cellules tumorales.

 

L'horloge cellulaire en cause.

Les mécanismes invoqués précédemment ont traité surtout des signaux, de la surface cellulaire aux noyau. Il est connu que la cible fonctionnelle qui intègre tous ces signaux dans le noyau de la cellule, est l'horloge cellulaire (WEINBERG, 1996). Celle-ci est en quelque sorte constituée de commutateurs moléculaires qui décident pour chacune des 4 phases du cycle cellulaire, si la cellule s'engage ou non plus loin dans le processus de division.   Les commutateurs reposent sur la concentration de deux groupes de protéines: les cyclines et les kinases dépendant des cyclines (CDK), qui agissent à leur tour sur des gènes donc des protéines. 

           

Par exemple un de ces commutateurs permet à la cellule de s'engager de G1 à S (donc permettre la transcription de l'ADN) du cycle cellulaire. Pour ce, les cyclines et les kinases CDK  doivent s'associer, ce qui permet alors de  bloquer l'action de la protéine RB, un très puissant inhibiteur du passage de la phase  G1 à S. Diverses protéines (p15, p16, p21, p53) peuvent entraver l'action des cyclines et kinases, bloquant ainsi le passage G1-> S, donc pas de prolifération cellulaire. Certaines de ces protéines, mutées, sont associées à des mélanomes (p16) des cancers du col à papillomavirus (p53 et RB)

 

Retenons la protéine très importante p53, surnommée le gardien du génome, codée par un gène suppresseur de tumeur, qui est non fonctionnelle dans la moitié de toutes les tumeurs humaines.

 

c) L'apoptose: mécanisme de surveillance en cause[5].

 

Une cellule en voie de cancérisation a échappé aux voies normales de régulation de la croissance cellulaire. La cellule possède des systèmes naturels de sécurité pour ????

             

Le mécanisme de l'apoptose, ou «suicide cellulaire», issu d'un mot grec qui désigne le processus par lequel un arbre se sépare de ses feuilles. Notre corps est une société de milliards de cellules. Pour le succès de cette société cellulaire, les droits de la société l'emportent sur les droits de la personne. Il y a là matière à réflexion... Des millions de cellules relativement en bonne santé sont remplacées chaque jour par de plus jeunes bien avant de devenir malades et d'hypothéquer l'organisme. Bien d'autres fonctions de l'apoptose nous échappent. Par exemple lors du développement embryonnaire, les doigts et orteils, à l'origine palmés, se séparent par l'apoptose des cellules qui les relient. De la même façon, les cellules glandulaires lactogènes des seins seraient éliminées à la ménopause, devenues inutiles.

           

Les déclencheurs.

 Divers agents de stress cellulaire, comme le manque d'oxygène, une infection virale, des lésions de l'ADN, l'activation d'un oncogène ou l'inactivation d'un gène suppresseur de tumeurs déclenchent l'apoptose. Quand tout va bien, la cellule endommagée, disparaît et cette destruction ne nuit pas à l'organisme mais élimine les menaces potentielles que représentent des mutations cancérogènes.

 

Mécanisme.

 Lorsque la société des cellules en a décidé, la cellule visée se voit privée des facteurs de survie tels que hormones et facteurs de croissance. Elle prend alors sa mort en main, sectionne son ADN en fragments, les emballent dans des pans de membrane cellulaire. La cellule s'anime, se fracture en gouttelettes aussitôt avalées par les macrophages[6], cellules dévoreuses de déchets. La protéine p53[7], gardienne du génome bien, découverte depuis 1979, a été la molécule de l'année en 93, pour son importance au coeur du mécanisme de l'apoptose. Elle est produite par un gène suppresseur de tumeurs. On lui connaît présentement deux fonctions importantes[8].

 

La première fonction de p53 consiste à interrompre le cycle cellulaire, c'est-à-dire empêcher la division cellulaire, par exemple en cas de lésion de l'ADN, de façon à laisser le temps à la cellule de réparer l'ADN. Après réparation, levée du blocage et la cellule peut à nouveau se diviser.

Comme seconde fonction, si la situation est telle que l'ADN ne peut être réparée, p53 enclenche alors l'apoptose, donc la mort de la cellule. De fait l'injection de p53 à des cellules cancéreuses, ces dernières arrêtaient de se diviser ou mouraient.

 Les deux fonctions de p53 sont donc vouées à empêcher toute cancérisation des cellules ...mais telle n'est pourtant pas toujours le cas.

 
Comment les cellules cancéreuses échappent à l'apoptose.

 Les cellules cancéreuses échappent à l'apoptose de diverses façons; -l'inactivation de la protéine p53 suite à une mutation du gène suppresseur de tumeur codant cette protéine; -la production excessive de la protéine Bcl-2 qui inhibe l'apoptose. De 40 à 50% des cancers contiennent une modification du gène p53. Dans 90% de ces modifications du gène, un acide aminé est remplacé dans la protéine, dans son domaine de liaison à l'ADN (essentiel à sa fonction) Il s'agit donc de mutation qualitative. d'où résultent des protéines anormales. D'autres types de mutations, quantitatives empêchent la fonction de P53, tel. une infection virale au papillomavirus,  en dégradant  p53, d'où certains cancers du col de l'utérus. In vitro tout au moins, on a montré que le benzo(a)pyrène de la fumée du tabac conduit à une protéine mutée et inactive.

Site Web: http://www.acfas.ca/concours/eureka98/apoptose.html

d) La mort programmée en cause: les télomères chromosomiques

     

Fig   La télomérase

(Pour en savoir plus: Télomère et télomérase: isolé de : http://www.larecherche.fr/VIEW/322/03220581.xml.html)

 

            Lorsque la culture de cellules se produit in vitro, une cinquantaine de divisions cellulaires se produisent, puis les divisions cessent et une sénescence apparaît. Cependant les cellules dont les gènes RB et p53 sont mutés continuent de se diviser, atteignent un stade de "crise" où bon nombre d'entre elles meurent. Certaines survivent à cette étape et deviennent "immortelles".

            Le mécanisme dénombrant le nombre de divisions est le "raccourcissement des télomères" à l'extrémité des chromosomes qui rapetissent à chaque division.

            Lorsque les télomères deviennent trop courts, un signal d'alarme est envoyé et la cellule tombe en sénescence. Si la cellule continue à se diviser, un raccourcissement supplémentaire du télomère déclenche la crise: fusion de chromosomes, dislocation entraînant un chaos génétique.

            La télomérase présente dans la cellule tumorale (mais absente dans la presque totalité des cellules saines) remplace les segments de télomère éliminés à chaque division, l'intégrité des télomères est conservée et la cellule continue à se diviser sans fin.

            Si on parvenait à inhiber la télomérase des cellules cancéreuses, leurs télomères se raccourciraient à chaque division et les cellules finiraient par se détruire.

            Le système de réparation de l'ADN. Activées par les lésions de l'ADN, les enzymes du système SOS détectent et retranchent les séquences anormales de l'ADN et déclenchent la synthèse de pièces d'ADN normal.

            Si l'exposition aux cancérogènes est trop intense, les mécanismes de réparation sont débordés et les mutations s'expriment, c'est l'initiation.

            Si ce système est défectueux, la cellule se divise avant la réparation de l'ADN et la portion modifiée d'ADN par le cancérogène est copiée telle quelle et les cellules filles héritent des gènes mutants.

3.2 La formation de métastases: Une deuxième caractéristique de la cellule cancéreuse:

C'est la deuxième caractéristique importante des cellules cancéreuses, caractéristique de la malignation d'une tumeur. Les métastases sont responsables de la gravité des cancers, obligeant les traitements de type chimio- ou radiothérapie, au delà de l'excision chirurgicale pure et simple.

 

Les cellules cancéreuses n'obéissent plus aux ordres qui devraient les maintenir en place. contrairement aux cellules normales de l'organisme. Sauf les globules blancs, dont la fonction est de se balader dans divers compartiments de l'organismes, toutes les cellules normales restent localisées dans le tissu dont elles font partie intégrante.  Au contraire, les cellules cancéreuses vagabondent dans tous les tissus.  La figure ci-contre montre que les métastases sont piégées dans le premier lit vasculaire (de très petits vaisseaux) sur leur chemin, d'où certains sites de colonisation prévisibles. Des molécules qui empêcheraient ces migrations seraient de nouvelles armes thérapeutiques.

 

L'adhérence et la communication cellulaire en cause

Bien que la plupart du temps, les mécanismes normaux empêchent «les cancers» en les privant de facteurs de croissance ou en les inondant de facteurs inhibiteurs de croissance, Inversement, les cellules en voie de cancérisation échappent à ces contrôles. Elles s'autostimulent à croître et s'insensibilisent aux signaux inhibiteurs. Cet obstacle est d'ailleurs loin d'être négligeable en chimiothérapie. la cellule cancéreuse est réfractaire aux stimuli chimiques. De plus la masse d'une tumeur fait que les cellules intérieures sont moins actives, moins bien irriguées, mais protégées, d'où la nécessité de traitement successifs.

Le cancer est en partie et peut-être surtout une maladie de la communication cellulaire, selon Marc Mesnil[9]. Le fait qu'elles ne reçoivent plus adéquatement les signaux chimiques de l'entourage pourrait expliquer leur division anarchique. Les cellules cancéreuses voient leur communication cellulaire interrompue . Selon Mesnil, l'emphase actuelle portée sur l'étude des altérations de l'ADN (surtout oncogènes et anti-oncogènes) retarde l'étude de la communication cellulaire.



[1] Weinberg, Robert, L'apparition des cancers dans: Pour la science, 229: nov. 1996 (35-42).

[2]Source: Weinberg, Robert, L'apparition des cancers dans: Pour la science, 229: nov. 1996 p.36.

[3] Les proto-oncogènes sont la forme normale de gènes qui, mutés, sont appelés oncogènes,

[4] Les anti-oncogènes sont les gènes normaux des voies de l'inhibition de la croissance cellulaire, d'où leur nom aussi de «suppresseurs de tumeurs» . À l'état muté, ils mécanismes d'inhibition sont perturbés et la croissance cellulaire s'emballe.

[5] Fleury, Jean-Marc, Apoptose, une percée canadienne dans:  Québec Sciences, mars 96 (p??)

[6]  Les macrophages font l'objet plus particulièrement du système de défense dans ce cours.

[7] le chiffre vient de sa masse apparente après migration dans un gel de polyacrylamide

[8] Chêne Patrick. Une molécule au cœur des mécanismes du cancer, dans: La recherche,  #323, sept 99 (p 46-50)

[9]Chambon Philippe, Les drames de la communication cellulaire, dans  Sciences et avenir: mai 1994 (52-55)