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La biologe / site de biologie/ professeur Rhéo Lacroix |
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Index • Problématique • Nature et terminologie •Cancérogenèse:mécanismes
cellulaires •Aspects génétiques •Causes et prévention •Diagnostic et traitement |
2- Nature et terminologie du cancer
3 Les mécanismes cellulaires du cancer
3.1 Une multiplication incontrôlée première caractéristique de la cellule
cancéreuse
a). Le cycle cellulaire normal
b)
les gènes de la signalisation cellulaire en cause:
c) L'apoptose: mécanisme de surveillance en
cause.
d) La mort programmée en cause: les télomères
chromosomiques
3.2 La formation de métastases: Une deuxième
caractéristique de la cellule cancéreuse:
4 Un modèle de cancérogenèse chimique
4.1 Les trois étapes de
la cancérogenèse
4.2 Un modèle expérimental de cancérogenèse
chimique
4.3 Aspect héréditaire des cancers:
5 La
cancérogenèse d'origine physique
5.1 Altérations moléculaires de l'ADN par les
radiations
5.2
Altérations des chromosomes. 25
6 Cancérogenèse d'origine microbienne: des
virus oncogènes:
Le cancer est en quelque sorte un problème de
délinquance cellulaire dans un organisme. Alors que les cellules saines
obéissent à des signaux cellulaires qui arrêtent leur division au moment
opportun, les cellules cancéreuses en plus d'être anormales se multiplient sans
arrêt. Que les causes soient de nature physique, chimique ou microbienne, c'est
une maladie génétique au sens où ce sont les gènes qui sont en cause. Plus
particulièrement ce sont les gènes concernés par le double mécanisme de
stimulation et d'inhibition qui contrôle le moment précis de chaque division
cellulaire. Dans sa forme maligne, un cancer résulterait de plusieurs
altérations successives de divers gènes au fil des années.
La prévention du cancer implique une
exposition modérée aux agents physiques (soleil, radiations), une meilleure
connaissance des agents chimiques cancérogènes notamment en milieu de travail,
des modifications de nos habitudes de vie (tabac, alcool, alimentation), et un
raffinement des modes de dépistage accessibles et non invasifs. Les traitements
classiques : excision chirurgicale, radiothérapie et chimiothérapie sont
heureusement en évolution, dans la mesure ou la biologie moléculaire permet un
raffinement à la fois du diagnostic et du ciblage des cellules visées. C'est
une maladie vieille comme le monde, car il semble que très le cancer était
présent chez l'humain, enfumé dans les grottes à l'âge des cavernes.
Poursuivons avec la problématique actuelle. Dans cet
exposé, nous utilisons cancer pour désigner l'ensemble des différentes formes
de maladies associées à des tumeurs malignes
Un problème d'importance croissante. Le cancer
est une maladie qui touchera un québécois sur trois au cours de sa vie.[1] Cette
appellation du cancer au singulier est d'ailleurs trompeuse, renforçant la conception
erronée d'une maladie unique, mystérieuse et fatale qui ne correspond pas à la
réalité. Les cancers constituent un problème à l'échelle mondiale mais à un
degré divers dans les différentes parties du monde. Au Québec comme dans toute Amérique du Nord, les cancers sont la
deuxième cause de mortalité en importance, suivant de très près les maladies
cardio-vasculaires. Ces données ne révèlent pas cependant l'importance de ce
fléau en fonction de l'âge. La probabilité d'un cancer ( son taux d'incidence)
augmente avec l'âge.
Un adversaire de taille insoupçonnée. Le phénomène
est tout aussi vieux que l'humanité elle-même. On croit en effet que l'homme
primitif dans ses cavernes, exposé à la fumée du feu qui lui était si précieux n'a
pas échappé au phénomène. Le problème des cancers est loin d'être résolu
aujourd'hui malgré les efforts importants consacrés depuis une trentaine
d'année. Peu après que les États-Unis eurent posé le pied sur la lune, le
Président américain Richard Nixon, déclarait présomptueusement en 1971 lors de
la création de L'Institut National du Cancer:
«
Nous déclarons la guerre au cancer et
nous allons remporter la victoire d'ici l'an 2000»[2]
Cette
guerre loin d'être gagnée, voit le nombre de ses victimes augmenté chaque
année. Comment expliquer aujourd'hui cette naïveté d'alors? Une première
explication tient au fait qu' il y avait d'énormes trous noirs dans les
connaissances fondamentales.. Deuxièmement, on a cherché l'arme ultime, la pilule
qui devait terrasser l'adversaire, alors qu'on reconnaît aujourd'hui que cette
lutte repose sur mille gestes, médicaments, thérapies, attitudes et
comportements. Enfin il est avancé que l'argent et l'énergie investie dans le
traitement des cancers aurait été mieux investi dans la prévention. Il va de
soi que l'industrie pharmaceutique (des milliards de dollars) est plus
intéressée à «guérir» qu'à prévenir. Il y a là une mentalité à changer!
De l'espoir. L'échec
n'est pas total. Les recherches suscitées par le désir de vaincre ont tout au
moins fait avancer ces connaissances.
Au delà du malade qu'on voit souffrir encore aujourd'hui sur son lit, il
faut voir les applications des recherches sur les cellules et les manipulations
génétiques dans l'industrie, l'agriculture et l'environnement, principaux
héritiers du fruit de ces recherches.
De plus, la quantité
d'informations accumulée au cours des 20 dernières années sur l'origine du
cancer n'a pas d'équivalent dans l'histoire de la recherche biomédicale.
Définition: Un cancer est une masse anormale de
tissu qui résulte d'une division cellulaire excessive, pendant laquelle les
cellules changent souvent de structure, (elles se dédifférencient), deviennent
envahissantes et forment des métastases
Plus spécifiquement, au plan cellulaire, on appelle
néoplasme ou néoplasie (qui signifie
nouvelle croissance) toute masse de tissu excessive issue d'une division
cellulaire anormale.: On distingue deux grands groupes de néoplasmes aux
conséquences très différentes:
1-
Les
néoplasmes bénins: Ce sont les tumeurs bénignes, dont la
majorité sont les adénomes et les fibromes. Appartiennent à ce type, les
tumeurs des tissus épithéliaux donc les revêtements et les glandes, qui sont le
site d'origine de la majorité des tumeurs. Selon leur site, ces petites
excroissances bénignes sont appelées
-polypes.
(dans les muqueuses), papillomes, condylomes (génital et rectal)
-l'adénome
: désigne une tumeur bénigne des glandes endocrines comme l'hypophyse, la
surrénale, le pancréas, thyroïde. ou des glandes exocrines (comme le foie, la
prostate, glande salivaire, le sein).
-Le fibrome désigne une tumeur bénigne des tissus
fibreux (conjonctifs), comme le fibrochondrome. Ces tumeurs sont souvent
constituées de cellules semblables au tissu d'origine.
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2-
Les
néoplasmes malins Ce sont les tumeurs malignes ou cancers proprement dits, Une
classification générale repose principalement sur le type de tissu d'origine.
On distingue
-les carcinomes,(la majorité
des cancers) désignent le grand groupe des tumeurs malignes des tissus épithéliaux (épithéliome est plus
précis) en opposition aux sarcomes.
- les sarcomes, désignent tumeurs
malignes des tissus conjonctifs ou musculaires.
-les tumeurs du système nerveux, par exemple
les gliomes, parce que ce sont les celules gliales de ce tissu qui sont
touchées.
-les mélanomes désignent les tumeurs
des cellules cutanées pigmentaires,
-les tumeurs
des tissus embryonnaires et les lymphomes
et lymphosarcomes, celles des tissus lymphatiques On distingue aussi comme
grand groupe terme référant alors aux des
tumeurs malignes, originant des tissus épithéliaux
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Distinguez les adénomes et carcinomes à l'aide des
notions précédentes
Adénome: Tumeurs bénignes des tissus épithéliaux
(glandulaires)
Carcinome:
Tumeurs malignes des tissus épithéliaux
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Comparez
les caractéristiques des néoplasmes bénins et malins |
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Caractéristiques |
Néoplasmes bénins |
Néoplasmes malins |
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Présence
de capsule autour de la masse cellulaire |
localisés
compacts, souvent encapsulés |
non
encapsulés: donc envahissantes: métastases |
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Croissance |
lente |
rapide |
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Risque
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tuent
rarement leur hôte si excisés avant compression d'organes vitaux ou de
conduits |
mortels |
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Morphologie des cellules |
semblables
aux cellules d'origine |
dédifférenciées,
noyau plus gros |
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Définir une métastase: masses (foyers) secondaires de cellules cancéreuses malignes issues de la tumeur primaire par la voie sanguine ou lymphatique. |
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Autre caractéristique d'une tumeur ou
néoplasme: une tumeur est généralement
un clone
Définition de clone: un groupe de cellules issues d'une seule cellule souche
À remarquer
que le caractère encapsulé ou non de la masse tumorale signifie que la tumeur
bénigne bien qu'oppressante, demeure circonscrite, n'envahit pas les autres
tissus et respecte les frontières de son tissu d'origine, contrairement à la
tumeur maligne.
Les propriétés communes à l'ensemble des
cellules d'une même tumeur suggèrent que toute la population est issue d'une seule cellule devenue anormale.
On ne peut qu'énoncer des règles générales quant à
l'évolution d'une tumeur du stade bénin au stade malin, non plus quant au
caractère récidivant d'une tumeur maligne. Chaque type de tumeur a ses
caractéristiques à cet égard. La
prochaine section fait le focus au niveau cellulaire pour comprendre mieux les
mécanismes des masses tumorales bénignes ou malignes traitées précédemment.