La biologe / site de biologie/ professeur Rhéo Lacroix

 

 Éléments de biologie humaine

 

3- Le cancer

 

 

 

Index

• Problématique

• Nature et terminologie

•Cancérogenèse:mécanismes cellulaires

•Aspects génétiques

•Causes et prévention

•Diagnostic et traitement

 

 

Table des matières

3- Le cancer... 1

Table des matières. 1

Sommaire. 3

1 La Problématique du cancer 3

2- Nature et terminologie du cancer 5

3 Les mécanismes cellulaires du cancer 8

3.1 Une multiplication incontrôlée  première caractéristique de la cellule cancéreuse. 9

a). Le cycle cellulaire normal 9

b)  les gènes de la signalisation cellulaire en cause: 10

c) L'apoptose: mécanisme de surveillance en cause. 15

d) La mort programmée en cause: les télomères chromosomiques. 16

3.2 La formation de métastases: Une deuxième caractéristique de la cellule cancéreuse: 17

4       Un modèle de cancérogenèse chimique. 19

4.1   Les trois étapes de la cancérogenèse. 19

4.2 Un modèle expérimental de cancérogenèse chimique. 22

4.3 Aspect héréditaire des cancers: 24

5  La cancérogenèse d'origine physique. 24

5.1 Altérations moléculaires de l'ADN par les radiations. 24

5.2  Altérations des chromosomes. 25

6 Cancérogenèse d'origine microbienne: des virus oncogènes: 26

7 Diagnostics et traitements. 28

8 Médiagraphie. 29


Sommaire

Le cancer est en quelque sorte un problème de délinquance cellulaire dans un organisme. Alors que les cellules saines obéissent à des signaux cellulaires qui arrêtent leur division au moment opportun, les cellules cancéreuses en plus d'être anormales se multiplient sans arrêt. Que les causes soient de nature physique, chimique ou microbienne, c'est une maladie génétique au sens où ce sont les gènes qui sont en cause. Plus particulièrement ce sont les gènes concernés par le double mécanisme de stimulation et d'inhibition qui contrôle le moment précis de chaque division cellulaire. Dans sa forme maligne, un cancer résulterait de plusieurs altérations successives de divers gènes au fil des années.

 

La prévention du cancer implique une exposition modérée aux agents physiques (soleil, radiations), une meilleure connaissance des agents chimiques cancérogènes notamment en milieu de travail, des modifications de nos habitudes de vie (tabac, alcool, alimentation), et un raffinement des modes de dépistage accessibles et non invasifs. Les traitements classiques : excision chirurgicale, radiothérapie et chimiothérapie sont heureusement en évolution, dans la mesure ou la biologie moléculaire permet un raffinement à la fois du diagnostic et du ciblage des cellules visées. C'est une maladie vieille comme le monde, car il semble que très le cancer était présent chez l'humain, enfumé dans les grottes à l'âge des cavernes. Poursuivons avec la problématique actuelle. Dans cet exposé, nous utilisons cancer pour désigner l'ensemble des différentes formes de maladies associées à des tumeurs malignes

 

1 La Problématique du cancer

Un problème d'importance croissante. Le cancer est une maladie qui touchera un québécois sur trois au cours de sa vie.[1] Cette appellation du cancer au singulier est d'ailleurs trompeuse, renforçant la conception erronée d'une maladie unique, mystérieuse et fatale qui ne correspond pas à la réalité. Les cancers constituent un problème à l'échelle mondiale mais à un degré divers dans les différentes parties du monde.  Au Québec comme dans toute Amérique du Nord, les cancers sont la deuxième cause de mortalité en importance, suivant de très près les maladies cardio-vasculaires. Ces données ne révèlent pas cependant l'importance de ce fléau en fonction de l'âge. La probabilité d'un cancer ( son taux d'incidence) augmente avec l'âge.

 

Un adversaire de taille insoupçonnée. Le phénomène est tout aussi vieux que l'humanité elle-même. On croit en effet que l'homme primitif dans ses cavernes, exposé à la fumée du feu qui lui était si précieux n'a pas échappé au phénomène. Le problème des cancers est loin d'être résolu aujourd'hui malgré les efforts importants consacrés depuis une trentaine d'année. Peu après que les États-Unis eurent posé le pied sur la lune, le Président américain Richard Nixon, déclarait présomptueusement en 1971 lors de la création de L'Institut National du Cancer:

                « Nous déclarons la guerre au cancer et nous allons remporter la victoire d'ici l'an 2000»[2]

Cette guerre loin d'être gagnée, voit le nombre de ses victimes augmenté chaque année. Comment expliquer aujourd'hui cette naïveté d'alors? Une première explication tient au fait qu' il y avait d'énormes trous noirs dans les connaissances fondamentales.. Deuxièmement, on a cherché l'arme ultime, la pilule qui devait terrasser l'adversaire, alors qu'on reconnaît aujourd'hui que cette lutte repose sur mille gestes, médicaments, thérapies, attitudes et comportements. Enfin il est avancé que l'argent et l'énergie investie dans le traitement des cancers aurait été mieux investi dans la prévention. Il va de soi que l'industrie pharmaceutique (des milliards de dollars) est plus intéressée à «guérir» qu'à prévenir. Il y a là une mentalité à changer!

 

De l'espoir. L'échec n'est pas total. Les recherches suscitées par le désir de vaincre ont tout au moins fait avancer ces connaissances.  Au delà du malade qu'on voit souffrir encore aujourd'hui sur son lit, il faut voir les applications des recherches sur les cellules et les manipulations génétiques dans l'industrie, l'agriculture et l'environnement, principaux héritiers du fruit de ces recherches.

De plus, la quantité d'informations accumulée au cours des 20 dernières années sur l'origine du cancer n'a pas d'équivalent dans l'histoire de la recherche biomédicale.

 

 

2- Nature et terminologie du cancer

Définition: Un cancer est une masse anormale de tissu qui résulte d'une division cellulaire excessive, pendant laquelle les cellules changent souvent de structure, (elles se dédifférencient), deviennent envahissantes et forment des métastases 

Plus spécifiquement, au plan cellulaire, on appelle néoplasme ou néoplasie (qui signifie nouvelle croissance) toute masse de tissu excessive issue d'une division cellulaire anormale.: On distingue deux grands groupes de néoplasmes aux conséquences très différentes:

 

1-      Les néoplasmes bénins: Ce sont les tumeurs bénignes, dont la majorité sont les adénomes et les fibromes. Appartiennent à ce type, les tumeurs des tissus épithéliaux donc les revêtements et les glandes, qui sont le site d'origine de la majorité des tumeurs. Selon leur site, ces petites excroissances bénignes sont appelées

-polypes. (dans les muqueuses), papillomes, condylomes (génital et rectal)

-l'adénome : désigne une tumeur bénigne des glandes endocrines comme l'hypophyse, la surrénale, le pancréas, thyroïde. ou des glandes exocrines (comme le foie, la prostate, glande salivaire, le sein).

-Le fibrome désigne une tumeur bénigne des tissus fibreux (conjonctifs), comme le fibrochondrome. Ces tumeurs sont souvent constituées de cellules semblables au tissu d'origine.

 

 

2-      Les néoplasmes malins Ce sont les tumeurs malignes ou cancers proprement dits, Une classification générale repose principalement sur le type de tissu d'origine. On distingue 

-les carcinomes,(la majorité des cancers) désignent le grand groupe des tumeurs malignes des tissus épithéliaux (épithéliome est plus précis) en opposition aux sarcomes.

- les sarcomes, désignent tumeurs malignes des tissus conjonctifs ou musculaires.

-les tumeurs du système nerveux, par exemple les gliomes, parce que ce sont les celules gliales de ce tissu qui sont touchées.

-les mélanomes désignent les tumeurs des cellules cutanées pigmentaires,

-les tumeurs des tissus embryonnaires et les lymphomes et lymphosarcomes, celles des tissus lymphatiques On distingue aussi comme grand groupe terme référant alors aux des tumeurs malignes, originant des tissus épithéliaux

 

Distinguez les adénomes et carcinomes à l'aide des notions précédentes

Adénome: Tumeurs bénignes des tissus épithéliaux (glandulaires)

Carcinome:  Tumeurs malignes des tissus épithéliaux

 

 

 


 

Comparez les caractéristiques des néoplasmes bénins et malins
Référence: Marieb, É.. Biologie humaine, éd. 2000 / chap. 3 / p 70/ Gros plan: le cancer

Caractéristiques

Néoplasmes bénins

Néoplasmes malins

Présence de capsule autour de la masse cellulaire

localisés compacts, souvent encapsulés

non encapsulés: donc envahissantes: métastases

Croissance

 lente

rapide

Risque

tuent rarement leur hôte si excisés avant compression d'organes vitaux ou de conduits

 mortels

Morphologie des cellules

semblables aux cellules d'origine

dédifférenciées, noyau plus gros

Définir une métastase: masses (foyers) secondaires de cellules cancéreuses malignes issues de la tumeur primaire par la voie sanguine ou lymphatique.

 

Autre caractéristique d'une tumeur ou néoplasme: une tumeur est généralement un clone

Définition de clone: un groupe de cellules issues d'une seule cellule souche

 À remarquer que le caractère encapsulé ou non de la masse tumorale signifie que la tumeur bénigne bien qu'oppressante, demeure circonscrite, n'envahit pas les autres tissus et respecte les frontières de son tissu d'origine, contrairement à la tumeur maligne.

 

Les propriétés communes à l'ensemble des

 cellules d'une même tumeur suggèrent que toute la population est issue d'une seule cellule devenue anormale.

 

 

On ne peut qu'énoncer des règles générales quant à l'évolution d'une tumeur du stade bénin au stade malin, non plus quant au caractère récidivant d'une tumeur maligne. Chaque type de tumeur a ses caractéristiques à cet égard.  La prochaine section fait le focus au niveau cellulaire pour comprendre mieux les mécanismes des masses tumorales bénignes ou malignes traitées précédemment.

 



[1]Fondation Québécoise du Cancer, La prévention du cancer par l'alimentation,  brochure 19??

 

[2] Borgognon Alain