Projet du Mois de l’Histoire des Noirs :
Les représentations de l’Afrique noire au Québec


PRÉSENTATION DU PROJET


Notre projet s’inscrit dans le cadre de l’édition 2003 du Mois de l’Histoire des Noirs. Le Mois de l’Histoire des Noirs est devenu comme une tradition en Amérique du Nord depuis qu’il a été initié en 1925 aux États-Unis par l’historien Carter G. Woodson. Au Canada, c’est en décembre 1995 que le Parlement a adopté une résolution faisant officiellement du mois de février, le Mois de l’Histoire des Noirs. Il s’agissait, à travers cette décision, de contribuer à faire connaître au public les richesses et les réalisations des communautés noires au Canada et dans le monde.

C’est seulement l’année dernière qu’un groupe de professeurs a pris l’initiative d’engager le collège Francois-Xavier-Garneau dans cette tradition qui vient ainsi se greffer à une pratique institutionnelle fort ancienne axée sur l’ouverture au monde extérieur et à la diversité des cultures. Est-il nécessaire de rappeler qu’aussi bien dans l’enseignement que dans la réalisation de nombreux projets de coopération internationale, notre collège a fait ses preuves depuis de nombreuses années et que sa compétence et sa notoriété sont aujourd’hui largement reconnues ? Cette attention portée à l’Autre a même fini par prendre, dans notre collège, l’allure d’un véritable credo et se trouve inscrite en bonne place dans notre Projet éducatif. Ceci montre bien que l’intention qui anime la décision d’organiser une série d’activités pour marquer l’édition 2003 du Mois de l’Histoire des Noirs est avant tout pédagogique.

Cette série d’activités comportera trois volets qui porteront sur les représentations de l’Afrique noire au Québec : un colloque, un volet musical et une exposition d’objets d’art et de réalisations de jeunes étudiants. Notre ambition est de mettre en présence différents types de discours et de langages et de susciter, par ces biais, l’intérêt et la curiosité des participants.


THÈMES DU PROJET ET SES SIGNIFICATIONS


Il s’agit d’aider à donner corps à un aspect particulier de notre Projet éducatif. Nous ne sommes pas de ceux qui pensent que l’école doit se mettre mécaniquement et sans aucun recul au service de la société. Toutefois, l’école et la pédagogie ne peuvent pas se nourrir d’elles-mêmes : si la question de l’Afrique noire devient un problème qui intéresse l’école, c’est aussi et surtout parce qu’elle est d’abord une question sociale à cause d’une présence accrue de ressortissants d’Afrique noire au Québec et au Canada. Nos étudiants et le public sont appelés, du fait même de cette présence, à être confrontés à ce qu’il est convenu d’appeler désormais la diversité des cultures. Ce dont il s’agit ici, déborde cependant le simple cadre des problèmes que pourrait poser l’insertion des immigrants d’Afrique noire à la société d’accueil. Il concerne aussi de près ou de loin, l’ensemble des rapports entre le Québec et l’Afrique noire, y compris ceux qui se réalisent par le truchement des institutions internationales, aussi bien culturelles et sociales qu’économiques et politiques.

Il peut donc être intéressant de donner aux étudiants et au public l’occasion de s’interroger sur l’Afrique noire dans ses dimensions culturelles, politiques, économiques et sociales. Mais pour être efficace, cette interrogation ne peut pas faire l’économie des représentations qui ont cours sur l’Afrique noire dans notre société et dans nos établissements d’enseignement. Notre souci, c’est d’aider les jeunes et le public à confronter ces représentations avec d’autres approches de l’Afrique noire et de les amener ainsi à se poser des questions. La représentation appartient initialement au registre du théâtre. C’est un procédé en même temps qu’un processus de dramatisation de l’idée, des idées. Même si les idées qui sont ainsi mises en scène doivent conserver une certaine unité et une cohérence pour pouvoir faire sens et constituer, de la sorte, un système, elles n’en portent pas moins les marques d’un décalage par rapport au réel, les traces des tiraillements, des incertitudes et des contradictions qui travaillent la société. C’est pour rendre perceptibles ces tensions qui peuvent habiter, parfois à notre insu, notre regard sur l’Afrique que nous souhaiterions la présence, au cours de nos assises, de personnes qui viendraient directement d’Afrique noire et qui nous permettraient de mettre en question les idées courantes au Québec sur leur continent. Naturellement, nous espérons aussi leur donner l’occasion de prendre conscience d’elles-mêmes à travers le regard de l’Autre.

Notre conviction, c’est que si l’on veut contribuer à corriger certaines représentations qui sont en décalage net avec le réel et faire reculer l’intolérance qui résulte de l’incompréhension, c’est d’abord dans les milieux de l’école qu’on peut commencer par s’y atteler. On voudrait dire ici, avec une certaine force, qu’il n’y a pas d’intégration à la société s’il n’y a pas d’intégration à l’école. Dire ainsi de l’école qu’elle peut contribuer à la résolution des problèmes que pose l’immigration des gens de toute origine mais d’Afrique noire en particulier, ce n’est pas en surestimer la mission. C’est tout simplement être réaliste. C’est prendre conscience du fait que le problème de l’intégration pleine et entière à la citoyenneté dans une société démocratique, problème social s’il en est, constitue un problème pédagogique et inversement.
Problème pédagogique et de société donc, mais aussi problème de relations internationales, dans la mesure où comme nous l’avons dit plus haut, le Québec entretient des rapports bilatéraux avec des pays d’Afrique noire. On pourrait convenir aisément que les représentations produites sur l’Afrique noire au sein de l’école et sur le terrain médiatique ne sont pas sans incidence sur l’intégration de l’immigrant d’origine africaine ni sur les relations que divers secteurs d’activités entretiennent avec ces pays d’Afrique.

Ce sont ces considérations qui nous ont imposé le thème du Mois de l’Histoire des Noirs de février 2003 au Collège François-Xavier-Garneau : Les représentations de l’Afrique noire au Québec. Il est clair qu’un tel évènement est susceptible de mettre à profit les contenus de l’enseignement de différentes disciplines au collège tout en les enrichissant de problématiques nouvelles.


RAYONNEMENT ET PUBLIC CIBLE

PARTENAIRES ET COORGANISATEURS

Nos activités se dérouleront sous le patronage de l’UNESCO :

OBJECTIFS
  1. Dresser un inventaire sommaire des représentations les plus courantes sur l’Afrique noire au Québec;
  2. Confronter ces représentations entre elles et avec d’autres approches de la réalité africaine;
  3. Sensibiliser les étudiants, les participants et la communauté à la diversité et à la complexité des problèmes que connaît l’Afrique noire;
  4. Mesurer l’impact de ces représentations sur les rapports entre le Québec et les pays d’Afrique noire;
  5. Situer l’impact de ces représentations sur les problèmes d’intégration des immigrants d’Afrique noire au Québec.


ACTIVITÉS


Le projet comporte trois volets distincts et complémentaires.

  1. Bloc Musique
    Il nous a paru nécessaire d’introduire ce bloc dans notre programmation pour intéresser davantage les jeunes. Au-delà des récitals, nous voulons interroger les influences des rythmes d’Afrique noire sur la musique en Amérique du Nord. Notre objectif est de permettre, par les récitals de musique, un approfondissement de la réflexion sur la richesse des cultures africaines.
  2. Bloc Exposition
    Ce volet exposition comporte deux aspects. Le centre inter-universitaire d’Étude sur les Lettres, les Arts et les Traditions de l’Université Laval met à notre disposition une collection de près de trois mille photos et dessins réalisés par de jeunes congolais. Il s’agira, à travers ces photos et dessins de prendre conscience du regard que ces jeunes africains jettent sur eux-mêmes. Cette exposition sera le prétexte d’une collaboration à venir entre un collège de Belgique, un collège de la République démocratique du Congo et le Collège François-Xavier-Garneau.

    Nous voulons profiter aussi de cet événement pour exposer quelques objets d’art africain, des masques en particulier.

    Ces expositions auront lieu au Centre des médias du Collège François-Xavier-Garneau.
  3. Bloc Colloque
    C’est la composante centrale de l’événement. Nous entendons l’organiser autour d’un certain nombre de thématiques :
    • Les représentations de l’Afrique noire dans les institutions au Québec (Gouvernement, médias, ONG, milieux d’affaires, etc.);
    • La question du «développement» en Afrique noire;
    • La démocratie en Afrique noire. On insistera ici sur la question des droits des enfants et des femmes;
    • &Mac &Mac &Mac Les problèmes liés à l’immigration d’origine africaine au Québec;
    • Culture et éducation en Afrique noire.


IMPACTS ATTENDUS

Parmi les principaux effets et répercussions de notre projet, nous espérons obtenir :

Nous espérons, pour terminer, que d’autres initiatives de ce genre pourront être prises à l’avenir et permettront à des Africains et des Québécois de travailler ensemble pour une meilleure connaissance de l’Afrique et d’eux-mêmes.


COMITÉ ORGANISATEUR

Responsable du projet :
Joseph Djossou, Professeur de philosophie, Collège François-Xavier-Garneau.

Membres :
Lionel Audant, Professeur de philosophie, Collège François-Xavier-Garneau;
Membres (suite) :
Vincent Beaudoin, Étudiant, Collège François-Xavier-Garneau;
Denis Blondin, Professeur d’Anthropologie, Collège François-Xavier-Garneau;
Robert Chiasson, Professeur de technique de documentation, Collège François-Xavier-Garneau;
Lucie Daigneault;
Georges Desmeules, Professeur de Lettres, Collège François-Xavier-Garneau;
Sylvie Fortin, Secrétaire générale, Collège François-Xavier-Garneau;
Bogumil Jewsiewieki, Professeur d’Histoire africaine, Université Laval;
Maximilien Laroche, Professeur associé de Lettres, Université Laval;
Michel Leclerc, formateur en Communication et négociation interculturelle.
Lucie Mayrand, Étudiante, Collège François-Xavier-Garneau;
Raymond Morel, Professeur de philosophie, Collège François-Xavier-Garneau;
Cheikh Ndiaye, Professeur de Sciences politiques, Collège François-Xavier-Garneau;
Hélène Pagé, Directrice de l’action culturelle et des relations publiques, Musée de la Civilisation;
Hélène Paradis, Étudiante, Cégep de Sainte-Foy;
Denise Peter, Professeur d'Anglais, Collège François-Xavier-Garneau;
Marc Rochette, Professeur de Lettres, Collège François-Xavier-Garneau;
Claude St-Laurent, Professeure de philosophie, Collège François-Xavier-Garneau;
Marc Simard, Professeur d’Histoire, Collège François-Xavier-Garneau;
Alexandre Vo, étudiant au Collège François-Xavier-Garneau


COORDONNÉES DU RESPONSABLE DU PROJET




Téléphone : (418) 688 8310, poste 3791
Adresses électroniques : jdjossou@cegep-fxg.qc.ca ou jdjossou@videotron.ca